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Eglise Saïdet El Tallé qui signifie "Notre Dame de la Colline". Bâtie au Vº siècle par le moine Nicolas Smissaati sur un vieux temple phénicien dédié à "Astrate" la déesse Lune, l'église fut détruite par le séisme de 859 puis reconstruite sous le règne de Fakhreddine 1er Maan (1518 - 1544). En 1673, Cheikh Abou-Pharès Karam, d'Ehden (région des Cèdres au nord du Liban), secrétaire de l'Emir Ahmed Maan, et son frère,Cheikh Abou-Nader, agrandirent le sanctuaire et le couvrirent d'une voûte solide. Sous le règne de Béchir II Chéhab (1789 - 1840), agrandissement et restauration furent de nuoveau effectués.
L'église est enclavée dans un couvent de moines maronites. Sa nef massive de vingt six mètres de long est décoré de naïves arabesques bleues. Un cordon parcourt les murs intérieurs de l'église, car la croyance veut que cette "ceinture de Marie" éloigne des fidèles tous fléaux, dangers, guerres et maladies.
Saïdet El Tallé est dédiée à Notre Dame. L'image de la Vierge est reproduite à plusieurs endroits dans l'église. L'une d'elle surmonte le maître-autel. C'est le copie du tableau qui fut lacéré en 1860. Il s'agit d'une peinture locale, inspirée de la "Vierge de Saint Luc" vénérée à Sainte Maire Majeure. La Vierge, en manteau bleu et robe rouge, se tient debout, l'enfant Jésus dans ses bras. Celui-ci, dans sa tunique rose, d'une main presse un gros livre et de l'autre, donne sa bénédiction avec deux doigts. Sous les diadèmes de plumes d'or en éventail, les visages ont quelque chose d'un peu épais et de lourd. A l'époque des Emirs, l'étendard de la ville était déposé à l'église. Il n'en sortait que dans les circonstances fort graves: les habitants se rassemblaient alors dans l'église où ils priaient et faisaient des voeux, dans l'espoir de revenir glorieux, sains et saufs. Puis, massés derrière leur étendard, ils partaient en guerre. La tradition rapporte aussi que les guerriers druzes, en partant en campagne, recueillaient un peu de terre de l'église dans les plis de leur turban. En sortant dans la cour de l'église, remarquez la façade donnant sur la vallée. L'ancienne porte de l'église originale a été insérée dans la muraille. Elle comporte un linteau de style byzantin représentant une croix en relief surmontant un croissant inversé dont les extrémités enserrent une rosace (le disque solaire). Selon le Prof. F.E.Boustany, dans la liturgie ancienne, le disque solaire symbolisait le Vierge. Depuis 1840, l'église de Saïdet El Tallé, consacrée à la Vierge miraculeuse, représente un des lieux de pèlerinage les plus populaires du Liban. Sa fête est célébrée le premier dimanche du mois d'août. Son secours est sollicité par les fidèles de toutes confessions. Texte de "Deir-el-Qamar, Cité des Emirs", 1ère Edition
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